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Une page … Une vie

Voici le parcours de Valérie … Une belle personne et une grande leçon de courage

Je la remercie du fond du coeur

 

Je voudrais vous parler d’un échec concernant la sleeve mais surtout d’une renaissance.

Je suis venue m’installer à Aubagne en 2003 et j’ai fait la connaissance du docteur Noël car depuis deux ans j’avais un anneau à l’estomac qui s’était avéré un échec. Ce dernier ayant bougé. Il me l’a retiré et m’en a remis un second qui n’a pas plus fonctionné. A cette époque, il a commencé à me parler de la sleeve qui me semblait une opération beaucoup plus barbare que la pose d’un corps étranger sur l’estomac, enlever un morceau de ce dernier qui était parfaitement sain ne me semblait pas anodin. J’ai mis du temps avant de me décider. Je me suis renseignée sur internet où l’on peut lire tout et n’importe quoi, auprès de mon généraliste qui connaissait l’opération et qui m’a plutôt rassurée.

Un an après m’avoir enlevé mon anneau, en 2007, j’ai tenté la sleeve. Je ne supportais plus mon corps, je me détestais pour ce que je mangeais sans pouvoir m’en empêcher. J’en étais arrivée à peser plus de 200 kg et j’avais deux enfants en bas âge. Cela ne pouvait plus durer.

Je me rappellerais toujours du jour de l’opération. On m’avait fait attendre devant le bloc, gelée malgré la couverture dont on m’avait recouverte. Je me suis posée la question de savoir ce que je faisais là, voulais-je vraiment cette opération ? L’évidence s’est imposée à moi, je ne pouvais pas continuer sur ma lancée. Il fallait que je prenne la main que le docteur Noël me tendait. J’ai été conduite dans la salle d’opération et ai été rassurée par Babeth et son sourire. Le reste a été noyé dans les brumes de l’anesthésie.

La sleeve m’a permis de passer du poids record de 210 kg à 145 en à peu près un an. C’était une renaissance de pouvoir à nouveau bouger, courir après mes filles, m’habiller dans des vêtements normaux et pas ces choses informes que je n’avais d’autre choix que porter. Durant trois ans, j’ai suivi les consignes alimentaires tout en faisant l’impasse sur le sport. Je n’en avais jamais fait, je ne voyais pas l’intérêt puisque la balance m’indiquait que je perdais du poids. J’ai eu tord, je le sais maintenant : la sleeve n’est pas magique.

Trois ans après l’opération, j’avais repris une vie normale, oubliant la sleeve et les bonnes habitudes que j’avais pu prendre. Je me suis laissée submerger par des problèmes personnels, j’ai repris le gazeux, j’ai recommencé à me remplir en mangeant tout et n’importe quoi pour me réconforter. Oubliées mes bonnes résolutions, je me suis noyée dans mes soucis.

Le résultat a été simple : 5 ans après, j’avais repris une quarantaine de kilos. Un échec qui a été de paire avec la honte de retourner voir le docteur Noël dans ses conditions. Je me suis imaginé qu’il m’enverrait paitre en voyant ce que j’avais fait de son aide. Je me trompais… encore une fois.

Ma renaissance a commencé par un coup de fil que je n’attendais pas. Le docteur Noël m’appelée durant un week-end pour savoir où j’en étais 5 ans après l’opération. Autant vous dire que je n’en menais pas large mais j’ai avoué avoir repris une partie de mes kilos. Il a été charmant, n’a pas critiqué ni jugé mon comportement. J’ai raccroché d’une main tremblante en me demandant ce qui lui était passé par la tête. Je n’avais jamais entendu parler d’un chirurgien qui reprenait des nouvelles de ses patientes si longtemps après. Avec le recul, je ne pourrais jamais assez le remercier d’avoir fait ce geste.

J’ai mis un mois avant de décider de reprendre rendez-vous. Je sentais bien que j’étais revenue sur la même voie et je ne voulais pas continuer. J’ai réalisé que demander à l’une de mes filles de faire des efforts concernant son surpoids, sans en faire moi-même, ne rimait à rien.

J’ai pensé annuler ce rendez-vous une bonne dizaine de fois. Le matin même, j’ai trouvé des idées farfelues pour éviter de m’y rendre mais je suis passée au-delà de mon appréhension. J’ai passé un moment difficile car il n’est jamais facile de reconnaitre ses erreurs. J’ai fait face et j’ai trouvé compréhension et gentillesse, tout en me faisant taper sur les doigts mais c’était de bonne guerre. Le docteur Noël m’a proposé de refaire un bilan complet et par la suite à accepter de m’opérer une seconde fois.

Que de différences entre mes deux opérations, à commencer par la journée bariatrique qui m’a permis non seulement de rencontrer véritablement Babeth (qui a toujours été d’un soutien sans faille malgré mon échec) mais aussi des gens qui vivaient la même chose que moi. Des personnes qui avaient décidé de reprendre leurs vies en main, qui se posaient des questions, étaient effrayées par certains aspects de la sleeve,… Un véritable échange s’est crée ce jour-là, notamment à l’heure du repas où nous avons pu parler de nos ressentis face aux différents examens de la journée. Je dois avouer n’avoir pas osé dire que j’étais déjà passée par une sleeve. Et par la suite, j’ai mis longtemps à l’apprendre aux autres et une fois de plus, je crois avoir eu tord. Il me semble important de faire savoir que la sleeve n’est que le début du parcours, le coup de baguette magique du docteur Noël nous permet de changer le volume de notre estomac, pas nos mauvaises habitudes, notre façon le plus souvent maladroite de manger ni les raisons pour lesquelles nous le faisons.

Quatre mois après l’opération, sous la gentille insistance de Babeth, j’ai décidé de participer aux séances de balnéothérapie proposées par Métamorphoz. De nature timide, j’ai été mal à l’aise mais j’ai rapidement découvert un groupe de gens extraordinaires. Des femmes et deux hommes, comme moi, qui ne me regardaient pas parce que j’étais obèse mais parce que je faisais partie des « nouveaux opérés ». J’ai été prise en charge naturellement par les anciennes. Notre kiné Régis a été un soutien dans cette renaissance, même si je l’ai souvent maudit pour les courbatures des séances de gym au sol qu’il nous faisait faire.

J’ai pu voir la différence entre mes deux sleeves, toutes les choses qui ont été mises en place pour aider les gens qui s’engageaient dans cette voie. Qu’il s’agisse des séances de sport trois fois par semaines, des rendez-vous réguliers avec la nutritionniste et la psy, des réunions coaching, nutrition, groupe de parole,… Rien à voir avec ma première expérience. Je me suis sentie entourée, soutenue, aidée. Et lorsque j’ai enfin osé dire que c’était ma seconde sleeve à mes copines de balnéo, je n’ai pas été jugée mais surprise de leur intérêt car elles ne savaient pas que l’on pouvait regrossir.

J’ai partagé mon expérience un certain nombre de fois depuis et je n’ai plus honte de dire que j’ai eu deux sleeves. J’ai fait des erreurs lors de la première par ignorance, par facilité. C’est tellement beau de voir l’aiguille de la balance baisser sans rien faire. Ça ne suffit pas, je le sais maintenant. J’ai repris goût au sport et découvert que cela me manque quand je ne peux pas en faire (croyez-moi, je ne pensais jamais écrire cela un jour), j’essaye de gérer mon alimentation, de comprendre comment j’en suis arrivée à plus de 200 kg un jour, de ne pas oublier l’opération en participant aux réunions, en gardant contact avec les nouvelles amies que je me suis faite, de voir régulièrement ma psy. En me relisant, on a l’impression que tout est devenu rose mais j’ai encore des doutes, des envies, des besoins que j’essaye de gérer différemment par apport à avant. Et je suis fière de pouvoir dire, lorsque l’on me demande mon poids, que je suis passée de 176 kg à 96 en 20 mois grâce à cette seconde sleeve.

Il y a toute une équipe à la Casamance sur laquelle on peut s’appuyer, des gens qui ne demandent qu’à aider ceux qui, comme moi, ont eu une première opération qui s’est avéré un échec sur le long terme ou les gens qui entament ce parcours pour la première fois. Je sais combien il est difficile de faire face au docteur Noël et à Babeth mais cela en vaut la peine. Il ne faut pas rester sur ses aprioris alors qu’il y a des « outils » mis en place pour nous aider. Peu importe les raisons pour ceux qui ont repris du poids avec le temps, si vous le souhaitez, vous trouverez une main tendue sans jugement ni critique. La seule question que vous devez vous poser est celle-ci : allez-vous la saisir ?